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Nos cœurs sont aussi rapides que les noms composés dans le Jura... L'éclair de la jeunesse remue aux quatre coins du monde comme un poulpe plein de colère... Le hasard pioche. Tes yeux super patriotiques achèvent de saper le moral des troupes à l'insu de Washington. Je creuse un trou au bord de ce matin étrange qui vous fait aller du ventre... Nos cœurs entraînent leurs notions de géomètre froid dans le miroir fidèle qu'ils promènent mollement sur tous ces petits films de commande toujours en quête de scénaristes professionnels pour mieux dire...
Quand un chasseur perd son chien, il se retrouve nu et désespéré. On raconte qu'il se met à acheter, de manière compulsive, des billets coupe-file pour tous les moments si doux qui précèdent nos envies de tourner dans un western fauché, venues un peu avant la vingtaine... Quand une chanteuse pop cesse enfin de tomber amoureuse de tous les guitaristes déguisés en publicitaire, récent et en couleurs, de cinquantaine secondes, une escouade de critiques, armées de fourchettes, déjà vous explique dans quelle mesure sur les murs de la ville, brusquement les photographes spécialisés dans le nu féminin et les fantasmes pressés et rémunérateurs, trouvent porte close devant leur ancien atelier, et ce en dépit de l'activité fébrile qui règne de bas en haut des nouvelles tendances que son propos incarne désormais dans l'espace domestique... Alors il n'est pas rare qu'un chasseur qui vient de perdre son chien, franchisse à cloche-pied le Rubicon de tous ces ciels recouverts de haine viriliste pour bande dessinée et réalisent, avec une joie féroce, qu'on peut aussi bien tuer les gens du bout des doigts, ou d'un simple coup de casque d'aviateur à la Snoopy... Alors, il peut même arriver que les chanteuses exécutées pour l'exemple- comme on tranche l’hydre de service- par leur orchestre de gros malins au souffle court, se mettent à écraser avec frénésie ces maudites petites fleurs souriantes à pattes de mouche, en direct des glissades, à l'affût sur l'autre versant de la forêt...
La nuit s'achève. J'aimerais pouvoir encore m'émerveiller. Mais, hélas, mon café n'est pas celui qu'on croit. Il aime les langues de chat, Scott Walker et le gangsta rap. Il fume-beaucoup trop- ici. Se boit- moderato cantabile- un peu plus bas. Sa patience a ses limites que le matin épuise déjà… La nuit s'achève. J'aimerais pouvoir encore m'émerveiller. Mais on boit du Synthol pour se donner du courage. Toujours le récit maintes fois rebattu de l’orgueil offensé et ton cou de beatnik ou de minet finit par attraper froid au bord d'un col cheminée... La nuit s'achève... Sans doute as-tu rêvé, un jour, d'écrire une chanson- le genre de morceau imparable et définitif-, mais oui, une chanson dans laquelle tu clamerais enfin que l'impatience est une vertu cardinale. Que toutes les filles qui habitent le mois d'août, depuis l'invention du phonographe, ont toujours su pour la grande sécheresse de cœur de l'homme né dans la moustache de Bigfoot… La nuit s'achève. J'aimerais pouvoir encore m'émerveiller. Croire que les filles naissent blondement sur le trottoir de l'ombre. Qu'elles courent toujours au ralenti au fond de leur piscine vide, les yeux qui rêvent d'embrasser le ciel en faisant de la mobylette comme on nage la brasse papillon...