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Lubies - Page 90

  • Le moral des troupes...

    Nos cœurs sont aussi
    rapides
    que les noms composés
    dans le Jura...
    L'éclair de la jeunesse
    remue
    aux quatre coins
    du monde
    comme un poulpe
    plein de colère...
    Le hasard pioche.
    Tes yeux super patriotiques
    achèvent de saper
    le moral des troupes
    à l'insu de Washington.
    Je creuse un trou
    au bord de ce matin
    étrange
    qui vous fait aller
    du ventre...
    Nos cœurs entraînent
    leurs notions
    de géomètre froid
    dans le miroir fidèle
    qu'ils promènent
    mollement
    sur tous ces petits films
    de commande
    toujours en quête
    de scénaristes professionnels
    pour mieux dire...

  • ...

    Quand un chasseur perd
    son chien,
    il se retrouve
    nu et désespéré.
    On raconte qu'il se met
    à acheter,
    de manière compulsive,
    des billets coupe-file
    pour tous les
    moments si doux
    qui précèdent
    nos envies de tourner
    dans un western fauché,
    venues un peu avant 
    la vingtaine...
    Quand une chanteuse pop
    cesse enfin 
    de tomber amoureuse 
    de tous les guitaristes
    déguisés en publicitaire,
    récent 
    et en couleurs,
    de cinquantaine secondes,
    une escouade de critiques,
    armées de fourchettes,
    déjà vous explique
    dans quelle mesure 
    sur les murs
    de la ville,
    brusquement
    les photographes
    spécialisés dans le nu
    féminin et les fantasmes
    pressés et rémunérateurs,
    trouvent 
    porte close
    devant leur ancien atelier,
    et ce en dépit 
    de l'activité
    fébrile
    qui règne de bas en haut
    des nouvelles tendances
    que son propos
    incarne désormais
    dans l'espace domestique...
    Alors il n'est pas rare
    qu'un chasseur qui vient
    de perdre
    son chien,
    franchisse à cloche-pied
    le Rubicon
    de tous ces ciels
    recouverts 
    de haine viriliste
    pour bande dessinée
    et réalisent, avec 
    une joie féroce,
    qu'on peut aussi bien tuer
    les gens 
    du bout des doigts,
    ou d'un simple coup 
    de casque d'aviateur 
    à la Snoopy...
    Alors, il peut même arriver
    que les chanteuses
    exécutées pour l'exemple-
    comme on tranche 
    l’hydre de service-
    par leur orchestre
    de gros malins au souffle court,
    se mettent à écraser
    avec frénésie
    ces maudites petites fleurs
    souriantes 
    à pattes de mouche,
    en direct des glissades,
    à l'affût sur l'autre
    versant de la forêt...

  • Bigfoot et la brasse papillon...

    La nuit s'achève.
    J'aimerais pouvoir encore
    m'émerveiller.
    Mais, hélas, mon café
    n'est pas celui qu'on croit.
    Il aime les langues de chat,
    Scott Walker
    et le gangsta rap.
    Il fume-beaucoup trop-
    ici.
    Se boit- moderato cantabile-
    un peu plus bas.
    Sa patience a ses limites
    que le matin épuise déjà…
    La nuit s'achève.
    J'aimerais pouvoir encore
    m'émerveiller.
    Mais on boit du Synthol
    pour se donner du courage.
    Toujours le récit
    maintes fois rebattu
    de l’orgueil offensé
    et ton cou de beatnik
    ou de minet finit
    par attraper
    froid
    au bord d'un col
    cheminée...
    La nuit s'achève...
    Sans doute as-tu rêvé,
    un jour,
    d'écrire une chanson-
    le genre de morceau
    imparable et définitif-,
    mais oui, une chanson
    dans laquelle
    tu clamerais enfin
    que l'impatience
    est une vertu
    cardinale.
    Que toutes les filles
    qui habitent
    le mois d'août,
    depuis l'invention
    du phonographe,
    ont toujours su
    pour la grande
    sécheresse de cœur
    de l'homme
    né dans la moustache
    de Bigfoot…
    La nuit s'achève.
    J'aimerais pouvoir encore
    m'émerveiller.
    Croire que les filles
    naissent blondement
    sur le trottoir de l'ombre.
    Qu'elles courent toujours
    au ralenti
    au fond de leur piscine vide,
    les yeux qui rêvent
    d'embrasser le ciel
    en faisant de la mobylette
    comme on nage la brasse papillon...