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Lubies

  • Un chèque morcelé en trois...

    Avec toi, je déplore

    que le mercredi ne survive plus,

    désormais,

    que comme supplétif

    de l’une ou l’autre de ces grandes forces:

    celle de l’après dimanche,

    principalement

    une affaire de clin d’œil fictif

    et tout ça qui vous désarçonne

    autant que le souvenir d’une peau

    douce comme une goutte de lait

    sur une langue tant soit peu polissonne ;

    et puis ce jour d’avant :

    le dernier des derniers de la semaine,

    où l’espoir d’une ivresse de qualité,

    le désir de vivre ne serait-ce

    qu’à hauteur d’un plat de nouilles

    et cette croyance aveugle

    dans la force du style,

    ressemblent de plus en plus

    à un chèque morcelé en trois…

  • Notre petit empire des signes...

    Et voici la sensation

    la plus simplissime du monde :

    notre espace poétique vital,

    situé sur toutes les cartes

    très exactement à l’ouest

    du méridien venu boire au ruisseau

    où les cerfs d’au moins dix cors

    ont  décidé, un jour, d’en finir

    de manière radicale avec le hooliganisme,

    oui alors, notre espace poétique vital,

    situé pour faire plus simple…

    je me doute que le temps

    vous manque, que vos enfants

    n’en peuvent plus de ne pas faire leurs nuits,

    puisque tout se sait dès le ventre de maman

    et que ça vous apprendra à écouter des chansons

    un peu trop sophistiquées et qui tortillent

    mollement des fesses dans leurs fringues moches

    parce qu’après tout ça occupe…

    oui, donc,

    notre espace poétique vital

    situé comme c’est su d’à peu près

    toutes et tous,

    entre la caisse du chat

    et le dernier rêve érotique

    de ta voisine qui ne voit plus très loin

    et commence à mal entendre,

    se réduit, jour après jour,

    d’avantage.

    Mais quelle importance,

    tant que le populisme s’accroche

    à notre petit empire des signes

    et que le chômage,

    ses rousseurs et ses rouilles,

    tient bon.

     

    (photo Yves Malenfer)

     

  • Au moment d'amorcer les choses...

    Les biscottes qui s’effondrent

    dans tous ces dimanches

    ébréchés par nos certitudes,

    la voilà ma part de sacré…

    Tu me parles toujours,

    dès que tu peux,

    qu’on est resté à boire

    tant qu’on a pu,

    en louvoyant dans la maison

    des miroirs,

    oui, tu me parles toujours

    de cette brune d’Irlande

    avec laquelle tu t’y prenais

    assez mal

    au moment d’amorcer

    les choses…

    Des mois à reculer devant l’inacceptable

    et mon dieu que le romantisme aille

    se faire enculer,

    une bonne fois pour toutes…

    Moi aussi, tu sais,

    j’ai eu, comme tout le monde,

    mon lot de petits désastres

    intimes.

    Et comme tout le monde,

    dans un film de Philippe Labro,

    je me suis efforcé

    d’avoir l’air d’être heureux

    de mon petit malheur,

    conformément au mythe…

     

    (photo Olivier Sarfati...)