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Lubies - Page 2

  • ...

    Longtemps...le silence,

    par ici,

    est resté cantonné

    dans un ghetto

    de salles borgnes...

    Longtemps...il a été

    question

    d'un souffle intraduisible,

    d'un bureau nomade

    errant entre deux langues

    mortes...

    Et les enfants attendaient

    le jour

    où ils allaient pouvoir

    se sentir bien.

    Le jour de leur anniversaire.

    Oui, par exemple.

    Ensuite, ils s'étaient mis

    à poursuivre

    des filles aux yeux verts.

    La couleur de leurs yeux

    commençait à changer

    quand on regardait

    dedans...

  • ...

    Be it downtown...te murmure

    à l'oreille 

    la chanteuse qui s'entraînait,

    jusqu'ici,

    à faire du trampoline fast jump

    dans une rue piétone

    de Brooklyn...

    Mais oui,

    c'est bon de se tromper.

    Parfois...

    Comme ce matin-là...

    Be it downtown or way up in the air...

    et derrière

    la baie vitrée

    l'autoroute s'avance,

    des trous

    dans ses chaussettes,

    en disant des obscénités

    pour que la voisine

    qui promène son chien

    comme un principe

    moralisateur,

    arrête de verser des larmes

    avec deux années

    de retard...

    Une fois de plus,

    c'est bon

    de se tromper...

    There's no use denying...

    et le soleil

    se lève avec un voile

    au poumon.

    Tout allait si bien jusqu'à l'arrivée

    des oiseaux.

    Leur transformation dans tes yeux... 

    Never been here, how about you...

    Oui, une fois de plus,

    c'est bon

    de se tromper de chemin

    comme

    les lunettes de moto

    de Peter O'Toole

    au début de Lawrence d'Arabie...

     

  • Sympathie de classe...

    J'épluchais un kilo de carottes

    en oubliant la pluie

    et les trente idées

    de crédences

    dont le commercial-

    à quoi ressemblera le commercial

    du futur?

    Celui-ci était beau parleur.

    Logique dans un sens.

    Et, avec ça, une cravate satinée 

    de torero. Atroce tout azimut-,

    dont le commercial en 

    "art de la table, mobilier et rangement

    de cuisine"

    n'avait eu de cesse

    de vanter les mérites,

    dans l'espoir qu'enfin je me décide

    à aménager la mienne

    avec une touche

    déco

    pleine de personnalité.

    Comme si j'en avais quelque chose

    à foutre du design et de la dignité

    de ma profession qui s'en trouverait

    ainsi renforcée...

    J'épluchais un kilo de carottes

    en tâchant d'oublier cette envie-

    une envie assez violente. Brutale

    comme l'arrière garde d'une bouche

    avide et sèche-,

    cette envie de scotch

    sans glace

    qui me serrait la gorge

    depuis que j'avais arrêté l'alcool,

    six mois plus tôt-

    l'alcoolisme a tué plus de monde

    que la sécheresse,

    dans notre métier.

    Je connaissais la chanson-,

    et qu'ainsi donc, six mois plus tard,

    je ne pensais plus qu'au cul 

    en fin de course

    de la serveuse

    avec laquelle j'entretenais,

    de loin en loin,

    une sympathie de classe. 

    Les serveuses ont toujours

    été des personnages un peu casse-gueule

    et je n'ai plus le vent en poupe.

    J'ai pour moi de réussir

    sur des sujets ingrats mais pas tellement difficiles.

    On fait ce qu'on peut.

    Avec ce qu'on a...