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Lubies - Page 2

  • Tremblements

    Tu dirais que ce lundi 

    déplore le manque 

    de courage et de cœur 

    qui empêche ce monde

    de balancer les rushs 

    du film affreux épouvantable 

    rance et raciste 

    qu'il veut à tout prix 

    nous vendre 

    Tu dirais que les doigts 

    de ce lundi ne sont

    plus capables d'autre chose 

    à l'exception d'imperceptibles 

    et timides tremblements 

    timides comme 

    quand tout se met

    à faire peur

    apeurés comme 

    le moindre mot 

    n'est qu'intimidation 

    et ça se passe 

    les rares fois où 

    et quand ça se passe 

    toujours évidemment 

    à l'abri des regards 

    ces pauvres tentatives 

    de recourir à l'émotion 

    à l'esprit et aux contre allées

    humaines solidaires bienveillantes 

    Tu dirais que ce lundi 

    y croit encore 

    encore un peu quand même

    mais qu'il perd aussitôt 

    ses moyens 

    à l'idée qu'il puisse 

    attirer les soupçons 

    Tu dirais que ce lundi 

    est lâche 

     

  • Blanche

    Ce n'est déjà plus son problème 

    mais quelque chose indique déjà 

     - Quelle chose ? Les yeux n'en savent rien 

    Ou alors une tentative de réponse

    une amorce s'avance 

    dans ce cortège funèbre de nuages 

    qui jette la preuve que l'ombre 

    l'idée de l'ombre comme 

    un héritage d'histoires opaques 

    se cache s'est toujours cachée

    dans le marbre la prévoyance 

    les imaginations surveillées ? -

    oui quelque chose indique déjà 

    que ce dimanche ne sait pas 

    où il va mais qu'il sait en revanche 

     qu'il a toujours su ce qu'il méprisait 

    de toutes ses forces 

    et il s'agit sans doute

    de cette chose blanche qu'on agite 

    comme un tissus tâché de sang 

    couvert de mouches mortes

    sous les yeux des petites filles

     lassées d'être sages 

    et des petits garçons sommés 

    de grandir dans un désordre

    de suggestions viriles et caduques

    un peu de morve dans la bouche 

     et du verre dans les genoux 

  • Vestiaires

    Je repense souvent à cette ligne 

    de métro aérien 

    qui chaque mercredi nous regardait 

    mon frère et moi

    comme nous empruntions de la station 

    Pigalle au métro Stalingrad 

    puis de la station Stalingrad 

    à celle de Fort d'Aubervilliers 

    les couloirs d'une ville 

     qui nous cabossait les yeux 

    à vitesse raisonnable 

    pour rejoindre les vestiaires 

    de l'enfance 

    Les vestiaires d'un club de rugby 

    Je repense souvent à cette ligne 

    de métro aérien 

    comme je l'emprunte désormais 

    chaque mardi 

    lorsque je repars vers Ménilmontant 

    animer un atelier 

    à l'école Étienne Dolet 

    Tout est resté à sa place 

    dans mon souvenir 

    Mais je sais que la nostalgie 

    est la pire des sciences exactes