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Lubies - Page 4

  • Suppléance absolue...

    Un café de trop

    et nous voila reparti

    au pays de la suppléance absolue.

    Je suppose d’ici

    qu’on a tous eu, plus ou moins,

    une voisine qui gouvernait sa vie

    avec ce je ne sais quoi

    de laconique

    au moment de plier le linge

    avant qu’il ne prenne la pluie.

    Et les yeux mouillés,

    comme ça,

    presque toujours à une heure

    de grande écoute.

    Ses enfants réclament, sans trop y croire,

    de la glace pour le dessert

    et en guise de réponse,

    il y a l’odeur de moisi

    du désir

    qui coule de sa voix blanche…

     

    (Photo Frédérick Jeantet)

  • Les terres froides...

    Nous y voilà...

    Il y a du linge qui sèche

    sur le radiateur

    et les chats se sont assoupis

    près des cendres.

    Elles fument encore un peu...

    Maman m'a raconté son dernier rêve

    et c'était, d'après elle, un assez joli rêve.

    Un rêve où elle se réveillait,

    nourrissait les poules avec un reliquat de miettes,

    en faisant de son mieux pour oublier

    sa crise de rhumatismes...

    Je lui ai dit: " Maman, ce n'est pas vraiment un rêve..."

    Et alors elle a souri.

    Maman...

    C'est assez tragique cette façon

    qu'elle ont de prêter attention

    à votre âme,

    ces cheminées des terres froides...

    Papa tire le fumier, trois gros chiens de berger

    dans les pattes.

    Depuis longtemps, il met dans tout ce qu'il fait

    tout ce qu'il faut de patience et d'ambition modeste

    pour faire ce qu'il a à faire.

    Il dit: "tu vois, les choses, c'est comme ça et pas autrement."

    Papa...

    La mélancolie va encore devoir

    plier boutique...

    Quitter ce jardin des souvenirs

    en reculant

    sur la pointe des pieds.

    Le jour se lève...

    Une dernière fois, je le regarde 

    caresser le sommet

    de la montagne de l'Ours

    d'un geste déchiré entre le gris et le bleu.

    Je contrôle la situation...

     

  • La neige comme moyen honnête de poursuivre le jour...

    Longtemps la nuit a cherché

    de quoi ébranler nos certitudes...

    Tous les ingrédients semblaient

    réunis...

    l'amitié, le courage, les trahisons,

    la souffrance...

    il flottait sur nos paysages de plaine

    comme l'odeur maussade

    du gibier qu'on laisse pourrir...

    un trou dans l'humus 

    que des garçons perdus

    avaient creusé au mépris

    des sciences appliquées

    à la motoculture.

     

    (Photo Baptiste Jeantet)