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Lubies - Page 4

  • ...

    S'aimer, me dit-elle,

    c'est remettre 

    le malheur à plus tard

    et un vieux chien

    dort sur notre lit,

    sa tête posée près

    de la tienne. 

    S'aimer, me dit-elle,

    c'est lorsque, en principe,

    tu aimes les chiens.

    Les miens et même

    ceux des autres.

    S'aimer, me dit-elle,

    c'est savoir 

    quand on s'arrête 

    au premier sang

    et cette histoire de rivière

    qui refuse d'attacher

    des hommes encore

    vivants à des cadavres.

    S'aimer, me dit-elle,

    ce sont nos regards

    qui cessent, parfois,

    d'empoisonner 

    la confiance

    et soudain les pensées

    les plus mélancoliques

    se noient

    dans vos assiettes

    à soupe. ..

     

  • ...

    C'est le visage noirci

    par les mensonges

    à partir desquels

    nous nous sommes

    tous

    plus ou moins façonnés

    que le temps

    qui fait

    les plaisanteries

    amères

    que rien ne peut

    défaire

    un beau jour

    vous assigne

    la tâche

    de mettre votre peau

    sur la table

    mais les mélancolies

    du corps

    ont rejoint

    depuis si longtemps

    la nuit noire

    de l'âme

    et ce passé qui vous

    poursuit

    avec son solfège

    de contrebasse

    pour débutants...

     

  • Sur un étroit sentier de chèvres...

    Et alors, me dit-il,
    ce jeudi matin
    s'est mis
    à me pendre au nez
    comme le souvenir
    d'une chaudasse
    aléatoire.
    Ça m'apprendra
    à réclamer
    autre chose,
    à vouloir
    me détourner,
    à tout prix,
    de mon destin
    de faiseur
    de pâté de porc...
    Après un réveil
    plus fragile
    et plus brutal
    qu'on aurait pu
    le craindre,
    j'ai eu en passant
    une pensée émue
    pour ces auteurs
    qui tombent,
    tous les ans
    au 1er janvier,
    dans le domaine
    public...
    Le téléphone
    sur silencieux,
    mon lave-vaisselle
    ronronnait
    des mots d'amour
    et de haine.
    Les mains
    encore agitées
    par le souvenir
    d'une cigarette,
    quelque part
    au pied d'une table
    basse
    saponifiée à froid
    comme un clown
    romantique,
    un poète poussiéreux
    en pleine confusion
    tentait de réécrire
    l'histoire
    de cette scène
    inexacte
    où trois hommes
    et leurs chiens
    étaient en train
    de faire danser
    les cadavres
    sur un étroit
    sentier de chèvres...