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Lubies - Page 4

  • ...

    J'aurais passé ma vie

    à débuter,

    me disait-il,

    hier soir.

    Et moi, alors, j'étais

    à desservir

    son couvert

    tandis qu'il triturait

    une photo. 

    Sur la photo: bien sur, une femme.

    La femme était blonde. 

    Parfois,

    il y avait aussi 

    ce petit mouvement 

    de l'index.

    Ce léger mouvement,

    une sorte de tic,

    oui, si vous voulez, 

    pour faire tomber

    la cendre imaginaire

    d'une cigarette disparue

    dans un long plan séquence

    coupé au montage

    Salade de betterave.

    Sole préparée.

    Feuillantine au chocolat.

    L'addition de la dix 

    était demandée.

    Avec rien. Pas de café?

    Non, rien!

    Il était une fois le dernier client

    à s'être égaré

    dans un restaurant

    perdu aux confins de la forêt primaire

    où les rêves du grand Ouest parisien

    ont été mis à pourrir

    sous des tas de feuilles mortes.

    Vous savez, je lis beaucoup

    et même plus que n'importe qui. 

    Mais je dis que je préfère

    boire de la bière

    et regarder le foot...

     

     

  • ...

    On ne peut s'imaginer

    la rumeur 

    de ce jeudi matin

    alors qu'une fille

    se caressait le bout 

    des doigts,

    trois rames de métro

    moins dix,

    et tout cela se passait, 

    dans la jeunesse,

    ce Texas de l'Ouest

    exactement 

    où, jadis, les usages

    de la mélancolie

    s'élargissaient,

    au plus offrant... 

    On ne peut s'imaginer

    ce que ça fait

    de vivre de braquages

    avec son frère, faute de mieux.

    Lui disait: on a tout pris aux natifs.

    Volé l'eau, les terres.

    La rudesse de faire des rêves

    comanche.

    A notre tour, à présent.

    De payer pour ça.

    De passer à la caisse.

    Les banques nous reprennent

    tout.

    L'eau, les terres.

    La rudesse de faire...

     

     

     

  • La tyrannie du chef op...

    Devant le lit défait,

    me parvient l'écho

    du champ de bataille.

    La nuit n'est pas

    une science exacte. 

    Je repense à

    Bertrand Tavernier 

    confortablement assis

    dans ce documentaire

    où il est surtout question

    de cinéma.

    Gabin, Renoir, la tyrannie

    du chef op,

    le bruit des chiens crevés

    sur la Croix-Rousse,

    nos espoirs déçus

    soupçonnés d'intelligence

    avec l'ennemi...