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Lubies - Page 4

  • Vois-tu, cher Scott Walker...

    Le problème, vois-tu,
    cher Scott Walker,
    c'est qu'à force
    de taillader
    le visage de la mélancolie
    à coups de rasoir,
    tes mots manquent au reste,
    et peu importe
    que telle ou telle séquence
    musicale soit d'une folie
    pop un peu trop raisonnable.
    Oui peu importe.
    Angels of ashes...

    A force de jouer la comédie
    avec cette crainte
    aussi vieille
    que les heures glorieuses
    du technicolor,
    presque plus personne
    n'ose chambouler
    toutes ces superproductions
    surpeuplées par le fric
    et la crainte d'inventer
    des choses qu risqueraient
    de moins plaire ici que là.
    Plastic Palace People...

    Le problème, vois-tu,
    avec la plupart de ces
    icônes Pop consciencieuses,
    parfois jusqu'à la roublardise
    arty où rien ne saurait
    être trop audacieux,
    jusqu'à ce moment m,
    oui bon d'accord,
    où la machine ne broie plus
    les techniciens,
    oui, le problème, vois-tu,
    cher Scott Walker,
    avec la plupart de ceux
    assez sublimes
    quand il s'agit de raconter
    quelque chose qui se chante
    et se danse,
    c'est que le monde et ses peuplades
    les plus réfractaires
    aux alchimies musicales
    qui n'osent plus se contenter
    de leur voix- et ta voix de baryton,
    ah quand même-,
    le problème,vois-tu,
    cher Scott Walker,
    c'est que même elles, même eux
    ont fini par leur donner
    raison alors même
    que ceux-là
    avaient à peine fait l'effort
    de te reconnaître,
    ou alors quand il était
    trop tard
    pour être démasqués
    Et après?
    C'est la règle de ce jeu
    où rien n'est jamais plus ancien
    que la nouveauté.
    No regrets...

  • ...

    8h35.
    Je marche le chien...
    J'ai encore oublié
    que toute ta vie
    tu avais attendu
    un miracle.
    Ou un petit oiseau
    capable
    de prendre
    une position morale
    assez claire
    en dépliant le soir
    comme une boite de nuit
    quand tous les lapins
    anonymes
    ressortent du terrier
    alors qu'il n'y a plus
    ni lune
    ni étoiles ..
    8h40.
    Je machine le chat...
    Là où d'autres se seraient
    très vite
    contentés
    de s'endormir
    avec grandiloquence
    dans la litière,
    mes rêves savent
    distiller la peur
    avec le doigté d'un magicien...
    8H50.
    La version plus indépendante
    de nos vies
    ressemble
    à un film soviétique
    d'aviation.
    Elle tente
    de s'enfuir
    vers les bois,
    mais il est trop
    tard.
    Ça a commencé
    un soir d'hiver,
    il y a bien longtemps...

  • Le moral des troupes...

    Nos cœurs sont aussi
    rapides
    que les noms composés
    dans le Jura...
    L'éclair de la jeunesse
    remue
    aux quatre coins
    du monde
    comme un poulpe
    plein de colère...
    Le hasard pioche.
    Tes yeux super patriotiques
    achèvent de saper
    le moral des troupes
    à l'insu de Washington.
    Je creuse un trou
    au bord de ce matin
    étrange
    qui vous fait aller
    du ventre...
    Nos cœurs entraînent
    leurs notions
    de géomètre froid
    dans le miroir fidèle
    qu'ils promènent
    mollement
    sur tous ces petits films
    de commande
    toujours en quête
    de scénaristes professionnels
    pour mieux dire...