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Lubies - Page 3

  • La part des choses

    Si j'écrivais de la poésie 

    je ne me contenterais pas 

    oui peut-être 

    de barbouiller mes mots

    pour faire joli au centre 

    du tableau comme 

    les peintres du dimanche 

    oublient de faire la part 

    des choses de l'ombre 

    et de la lumière 

    au moment de reproduire 

    un sujet trop docile 

    Oui sans doute 

    mes lèvres apprendraient 

    avec le temps 

     à se détourner de ces bouches 

    où fleurissent 

     trop de compliments 

    Et alors oui

    alors d'une manière 

    précise comme un geste 

    simple comme une habitude 

    le gris du ciel saurait 

    mettre du vague à l'âme 

    et mes chaussettes 

    au sale 

  • Courant d'air

    En piochant dans ce paquet de chips
    éventré comme un courant d'air
    après que le matin a fini
    de faire la poussière
    et qu'il savoure ses reflets
    dans le miroir des meubles
    où la lumière est revenue se peindre
    pas sûr que ma main apprenne
    à devenir forgeron
    ni qu'elle ourdisse plus loin
    qu'un petit complot de sel
    Certaines fois ces choses-là arrivaient
    et les samedis se remettaient à rêver
    de suicide alimentaire

  • Elles Ils Eux leurs ombres...

    Cette ville aura dans le fond 

    passé sa vie de ville à observer 

    ses habitants ses filles ses fils

    ses petits enfants ses agents 

    municipaux et ses invisibles 

    leurs mains coupées 

    sur la pierre des barricades 

    oui à observer tous ces êtres 

     jeter goutte à goutte dévotions

    ressentiments espérances 

    et leurs forces glissantes 

    comme une mousse sur un caillou 

    et le reste d'esprit qui tremble 

    dans le souffle d'une lumière pâle 

    oui tenter de survivre avec la certitude 

    que chaque matin de remboursement

    de prêt immobilier consomation étudiant 

    chaque midi toujours un peu plus en cavale 

    entre deux tranches de mie de pain 

    chaque afterwork de sourires angoissés 

    de gestes de brindilles qui vivent 

    dans la crainte de déplaire à celle 

    ou celui qui tient la fourche 

    oui cette certitude que malgré

    toutes les tournantes de la rigueur 

    tous les adjectifs sauvages 

     les injures qui se remettaient à courir 

    sur toute la longueur de la langue 

    elles ils eux et leurs ombres 

    pourraient toujours encore parfois 

    soudain approcher leurs mains 

    leurs yeux leurs bouches 

    trop près de quelque chose