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Lubies - Page 3

  • ...

    Comme un vieux mondain

    au visage froissé,

    je décline surement

    à mesure que le jour

    grandit...

    Le temps passe

    de plus en plus vite.

    Je m'endors dans mes

    costumes

    comme on met la viande

    à rassir.

    Oh bien sur, je continue

    à faire ce que crois utile

    et nécessaire de faire

    pour lutter à balles réelles

    contre cette idée de décomposition

    et de pourriture

    laquelle, depuis toujours,

    mène grand train.

    J'épanche dans la nuit

    les sentiments

    que je ne peux épancher-

    que je n'ai jamais pu épancher-

    dans la vie de tous 

    les jours.

    La vie de tous les jours

    ne sera jamais à mes

    yeux

    qu'un immense zoo factice,

    où tout naît, tout s'agite

    et tout meurt

    sans grand moment

    d'angoisse...

    Et alors, chaque matin,

    depuis

    que j'ai commencé

    à vieillir 

    et c'est venu d'un coup-

    une évidence, ils disent-,

    dans les yeux

    de cette fille égarée,

    comme tant d'autres avant elle-

    comme moi, comme vous, 

    mes sœurs et mes frères 

    inconsolables de la nuit-

    dans la vacance et la cohue,

    cette fille aux narines

    frémissantes

    à qui j'ai voulu expliquer,

    un soir,

    l'histoire du chien rouge

    et de la balançoire,

    oui, chaque matin, alors,

    j'ai beau exposer

    l'emploi du temps des nuits

    à venir,

    c'est comme de vivre

    depuis des années

    dans une ville où plus rien

    n'aurait de significations.

    Comme si j'avais cessé de trouver

    amusant

    la grande enquête 

    sur le cadavre du monde

    et ses usages,

    qu'ils semblent, toutes et tous,

    bien décidés à poursuivre

    jusqu'au bout... 

     

  • Et puis chacun retournera à ce qu'il faisait...

    De quel côté tu t'endors?

    Dis-moi un peu, chaton....

    Est-ce qu'au lieu

    de compter les moutons,

    plutôt le son de ta propre

    voix qui te berce...

    T'as déjà fait l'amour

    sous la pluie?

    Et quelques heures avant,

    alors-alors,

    combien vous étiez encore, 

    sublimes et décomplexés,

    sous le soleil?

    Tu t'es déjà surpris

    à préférer ta première

    peine de cœur-

    il s'agissait d'une

    petite blessure narcissique

    de rien du tout.

    Mais, promis,

    ça restera entre nous-,

    oui, ta première peine 

    de cœur

    à toutes les femmes

    de ta vie,

    quand le silence soudain

    c'est pire que tes chaussettes

    orphelines

    et qu'alors elles se mettent

    en avoir assez

    de te faire de la place

    dans leurs placards?

    Est-ce que nous sommes

    parfois samedi?

    Est-ce que la jungle est

    dans ta tête?

    Ton pauvre cœur solitaire,

    dis-moi un peu, chaton...

    tu vas l'ouvrir

    du cul jusqu'à la bouche...

    Et puis ça se passera

    de commentaires.

    Et puis il y aura ce goût 

    de métal sur les langues.

    Et puis chacun retournera

    à ce qu'il faisait...

     

     

  • Au pays de dieu...

    Il existe, me dit-elle,

    des chambres étroites

    que j'ai pu nommer-

    oh mais quelle étrange

    histoire-

    le pays de dieu...

    Moi aussi -non mais

    qu'est-ce que tu crois?-

    j'ai été jeune, j'ai eu ma chance.

    J'ai fait l'amour

    à même la moquette

    en buvant le corps 

    de tous ces garçons

    de passage,

    sans jamais leur réclamer 

    d'explications complémentaires,

    après...

    Et quand le matin revenait

    faire des trous

    dans leurs chaussettes-

    parfois certains

    gardaient leurs chaussettes.

    Ou bien je leur laissais

    à peine le temps de...-,

    d'un simple revers

    de la main,

    je repoussais leurs pieds

    perdus.

    Et voilà c'était tout...

    Il existe, crois-moi,

    trois accords basiques,

    pas plus,

    pour faire vibrer 

    les murs des chambres,

    étroites trop étroites

    de la jeunesse,

    au pays de dieu...

    Aucune pudeur. Aucun remords.

    Des murmures.

    "J'ai envie que tu me prennes..."

    Des râles.

    "Te figure pas que tu vas tomber

    amoureux..."

    J'ai été cette fille

    qui prend juste ce qu'il faut

    prendre. 

    On a pu épeler mon nom,

    au pied de l'ombre,

    quand l'heure nue approchait

    à nouveau de leurs bouches

    avec un goût de jazz

    et de vin de palme.

    Et parfois quelques tâches de sang

    souillaient les bords

    de mes extrémités rougeoyantes.

    J'étais bien trop maline

    pour être romantique.

    Et c'est tant mieux...