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Lubies - Page 3

  • Croix-Rousse Police Blues...

    Si j'avais voulu écrire

    un résumé

    de toute l'intrigue

    à l'usage 

    d'un producteur

    analphabète et encore,

    j'aurais pu prendre

    l'air 

    oui,

    à la rigueur,

    de celui qui décide

    d'abandonner

    la carcasse

    de ses dernières illusions 

    aux ronces. 

    Après quelques figures

    imposées

    avec quelques petits

    claquements de langue

    et ma bonne vieille

    mâchoire qui craque

    comme décor d'ensemble, 

    j'aurais fini 

    par lâcher le morceau:

    voici l'histoire d'un flic 

    qui aurait donné

    sa dernière assiette

    de frites

    pour que son ex femme

    l'aime encore

    malgré sa moustache 

    ringarde

    où le second souffle

    des seventies

    tentait de s'accrocher

    en miaulant 

    comme un chat bavard

    sur les pentes

    de la Croix-Rousse...

     

     

     

     

  • ça venait de quelque part...

    Rêvé d'un loup gris,

    à l'écart de la meute;

    rêvé qu'il léchait

    des traces de sang 

    sur la neige;

    rêvé qu'il faisait

    ça,

    comme on suit,

    sans relâche, 

    une recette zen

    ou je ne sais quoi, 

    pour mieux juguler

    nos désirs,

    retarder notre mort,

    gagner en certitudes,

    orienter nos vies...

    Rêvé que ces trâces

    de sang

    gouttaient

    sur la neige fraîche

    depuis

    un point assez lointain,

    ça venait de quelque part,

    là-haut, 

    sans qu'on sache d'où 

    exactement.

    Tout de suite,

    alors,

    j'ai imaginé le pire.

    N'était-ce pas le signe

    qu'un petit garçon 

    allait périr

    dans une avalanche,

    sans avoir pris le temps

    de réfléchir à l'endroit

    où il souhaiterait

    qu'on disperse ses cendres?

     

     

     

  • La plus belle scène de fusillade de toute ta vie...

    C'est l'heure,

    minutieuse jusqu'à l'obsession,

    où même les super héros

    se hâtent pour sortir

    les poubelles.

    Tout le monde

    aimerait nous voir

    mort.

    Raides-morts.

    Je promets

    de donner le meilleur

    de moi-même

    pour que tu ne m'oublies

    pas.

    Enfin, pas trop vite.

    Je promets de t'écrire

    la plus belle scène de fusillade

    de toute ta vie,

    où la moindre balle tirée

    serait un principe narratif

    à lui tout seul.

    Je sais qu'un jour

    viendra bientôt

    où le bonheur en personne

    finira par avouer

    en conclusion de toute cette affaire:

    « ceci concerne,

    à vitesse réelle

    ou au ralenti

    poussé à l'extrême

    de la médecine de campagne,

    du grand Canyon à Missoula,

    un panel assez plantureux

    de mouvements de poitrine

    projetés à la vitesse

    maximale

    de seize images

    par seconde;

    ceci concerne,

    prioritairement,

    la structure centrale

    du jeu.

    D'un point de vue esthétique,

    nous sommes jeudi.

    Le jeudi a toujours refusé

    toute forme de compromis

    sur les plus infimes

    détails.

    Le jeudi a toujours été

    inspiré

    par l'atmosphère

    du roman noir

    et des fabliaux interactifs

    du haut moyen-âge...

    C'est l'heure,

    une heure un peu coincée

    dans les locaux

    de la police politique

    de cette république

    de carton pâte, 

    qu'on appelle: nostalgie.

    L'heure où tu emportes

    nos conversations

    avec toi. 

    Mon cœur tente

    l'imitation impossible

    d'une expérience

    cinématographique,

    cette chose

    presque trop belle

    pour qu'on la prenne

    au sérieux...