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Lubies - Page 3

  • Le bar est situé en voiture 4...

    Même dans la mousse du café

    il fait sommeil.

    Le bar est situé en voiture 4.

    Sa mère l'a eu très jeune

    mais on a la nette impression que,

    même beaucoup plus tard,

    ça n'aurait rien changé...

    Hier soir,

    Le train roule des mécaniques

    sous le ciel lavande.

    La clim est en panne et alors

    on rêve de cocktails à l'azote

    aux noms exotiques et compliqués.

    Il nous reste à peu près

    vingt mots à vivre quand,

    par l'opération du Saint Esprit,

    une troupe de danseuses indiennes

    entre tout soudain dans la voiture

    qu'on est les seuls à occuper

    avec cette fille perdue

    et un rebelle sahélien pressé

    de nous faire ressentir

    son ardeur criminelle.

    C'est même une troupe

    de danseuses indiennes

    qui pénètre dans notre voiture

    en soufflant dans d'immenses

    conques marines...

    Un peu plus tôt,

    ici est mort un ongle.

    Rongé par l'ennui.

    Le train venait

    de quitter la gare de Lyon

    comme un réalisateur

    qui a le vent en poupe.

    J'ai détesté son assurance

    à très grande vitesse.

    Son mépris pour les gens

    restés à quai.

    Ça se voyait d'ici

    que c'était un train

    qui n'avait jamais rien quitté

    pour de vrai...

  • On voyage toujours de nuit...

    Avalé un café vite fait

    mal fait au Soleil,

    me dit-il.

    Un café trop amer

    et toutes sortes

    de choses

    me sont revenues

    en mémoire.

    Le thermos de Papa

    qui fumait

    dans la Renault 12

    Gordini

    bleu Méditerranée

    et tout ça se passait

    dans les environs

    de 1979,

    sur le parking

    de l'usine

    Lapeyre,

    un peu avant Vierzon.

    Papa porte une barbe

    de folkeux,

    à l'époque

    et la liquette

    à carreaux

    assez de circonstance,

    une avec

    des boutons pression.

    Son Jeans

    est déjà en route

    pour le cimetière

    des éléphants.

    On voyage toujours de nuit.

    Pour la première fois,

    j'ai le droit

    de m'asseoir

    à l'avant de la voiture.

    C'est qu'il y a

    un truc

    de la plus haute

    importance

    dont il faut

    que je m'acquitte,

    genre votre mission

    si vous l'acceptez.

    Passer les cassettes

    de Dylan et de Cat Stevens

    dans le magnéto.

    Veiller à ce que

    le volume

    ne soit ni

    trop fort ni trop bas.

    Et, surtout,

    respecter scrupuleusement

    le road-book

    musical de Papa.

    A savoir: deux albums

    de Dylan

    pour un de Cat Stevens.

    Et puis, vers 2h du matin,

    remiser jusqu'au lendemain

    Cat Stevens

    dans la boite à gants.

    A force, sa voix,

    elle t'endort,

    parait.

    J'ai 9 ans.

    A l'arrière, ma sœur

    et mon frère,

    pour une fois,

    ont l'air de bien

    vivre ensemble.

    Et le café de notre père

    fume déjà dans l'amertume

    de mes souvenirs...

     

     

  • Fragile dans un lieu intense...

    Toute la nuit,
    me dit-elle,
    à survivre
    après les passions
    secrètes
    des légionnaires.
    Lorsqu'on s'aventure
    à construire
    un récit,
    tu sais chaton,
    les monstres sont
    partout...
    Tout le monde
    te regardait
    d'un air consterné.
    Il était donc
    une fois,
    l'histoire
    d'un homme
    né à la ferme
    mais grandi
    dans la seule ville
    au monde
    capable
    d'exaucer vos souhaits
    les plus fous,
    il était donc
    une fois
    l'histoire
    d'un homme
    auquel on aurait
    légué en héritage
    les reliques
    d'un club de rugby
    vêtu de rouge
    et de noir.
    Ensuite,
    la jeunesse, ce petit
    actor's studio
    maquillé
    comme un cirque
    de puces,
    ensuite,
    les rêves de contre-champs
    qu'on fait
    à cet âge
    pour accélérer son jeu,
    ensuite-ensuite,
    je te revois
    en train
    de monter et
    de remonter
    tous ces films.
    Il me semble bien,
    oui,
    qu'ils reposaient
    tous
    sur cette proposition:
    Et si on redevenait
    fragile
    dans un lieu intense...