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Lubies - Page 110

  • Elle disait: le peuple, vous en avez plein la bouche...

    Les rêves nous glissent

    entre les doigts...

    C'est l'heure de l'eau sale

    et tu erres dans

    ta cuisine,

    la braguette ouverte. 

    Tu aimerais mettre

    au garde à vous

    des images rassurantes.

    Par exemple,

    tu songes aux seins

    de ton ex.

    Toi aussi, tu as pu

    y croire avant

    qu'ils ne disparaissent...

    Elle disait: le peuple,

    vous en avez 

    plein la bouche.

    Des idées de révolution

    attendent patiemment,

    sur le bout de vos

    langues,

    deux ou trois

    indications

    de mise en scène. 

    Mais mettre en scène,

    après tout,

    c'est aussi comprendre

    ce que disent 

    les personnages,

    ce qu'ils pensent,

    ce qu'ils pourraient aussi

    ressentir si on

    prenait la peine

    de leur laisser

    la parole.

    Elle disait: le peuple,

    tous les matins,

    tu te lèves, tu ouvres

    la bouche

    et tu craches ton film

    sur le trottoir. 

    Et puis, un beau jour,

    on ne sait même plus

    par où ça

    commence,

    ni comment elle finit,

    cette histoire-là...

    Les rêves nous glissent

    entre les doigts.

    C'est l'heure de faire

    la vaisselle...

     

  • Au firmament des hommes maussades...

    La légende dit

    qu'un beau jour,

    alors,

    nous reprendrons

    le train...

    Et bientôt, on écrase

    un dernier mégot

    dans le cendrier

    de l'attente.

    Ensuite, il est temps

    d'occuper une place

    envahissante

    parmi les autres

    voyageurs...

    La cité pleine de rêves

    n'existait pas. 

    L'existence a fait

    de nous

    des petits propriétaires

    de nos frissons,

    à peine capables

    de se protéger 

    des profondeurs.

    De la puissance du

    ressentiment...

    Et puisque

    le dernier morceau

    de musique

    à avoir survécu

    au grand moment

    d'économie unique,

    c'est ce blues

    fauché par la 

    maladie

    à six mois de la retraite...

    Et puisque tous les

    blues du monde

    sont des chants

    de travail

    qui culminent

    au firmament

    des hommes maussades,

    alors,

    nous nous endormirons

    dans l'insouciance

    sans trop de

    certitudes

    du linge qui pend

    aux fenêtres

    en signe de rébellion...

  • Une interprétation correcte...

    Veux-tu, chaton,

    me dit-elle,

    que je te reparle

    un peu d'amour?

    Hier soir, alors,

    il m'a semblé

    que nous avions

    pourtant

    une idée précise

    du montage. 

    L'amour, n'est-ce pas,

    c'est toujours

    une variation

    de cinéma, 

    plus ou moins

    intéressante. 

    Hier soir, donc,

    j'ai failli éclater

    de rire

    quand tu m'as dit:

    si je n'ai pas

    une idée

    même imprécise

    sur la manière

    dont je monterai-

    l'amour,

    tu vois bien,

    rien que du cinéma-

    une séquence,

    j'ai énormément

    de mal 

    à la mettre en place.

    Veux-tu, chaton,

    que je t'explique

    pourquoi

    tu n'es décidément 

    pas

    ce personnage

    incroyable,

    d'une violence

    et d'une grossièreté

    rare?

    Laisse-moi partir.

    Il n'y a qu'au cinéma

    que les milliardaires

    s'émeuvent

    d'une histoire

    sociale.

    Laisse-moi partir.  

    C'est le seul moyen

    d'obtenir de moi

    une interprétation

    correcte....