Sur un étroit sentier de chèvres...
Et alors, me dit-il,
ce jeudi matin
s'est mis
à me pendre au nez
comme le souvenir
d'une chaudasse
aléatoire.
Ça m'apprendra
à réclamer
autre chose,
à vouloir
me détourner,
à tout prix,
de mon destin
de faiseur
de pâté de porc...
Après un réveil
plus fragile
et plus brutal
qu'on aurait pu
le craindre,
j'ai eu en passant
une pensée émue
pour ces auteurs
qui tombent,
tous les ans
au 1er janvier,
dans le domaine
public...
Le téléphone
sur silencieux,
mon lave-vaisselle
ronronnait
des mots d'amour
et de haine.
Les mains
encore agitées
par le souvenir
d'une cigarette,
quelque part
au pied d'une table
basse
saponifiée à froid
comme un clown
romantique,
un poète poussiéreux
en pleine confusion
tentait de réécrire
l'histoire
de cette scène
inexacte
où trois hommes
et leurs chiens
étaient en train
de faire danser
les cadavres
sur un étroit
sentier de chèvres...