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Lubies - Page 73

  • ...

    Et c'est ta voix
    qui s'envole
    dans mon tout petit
    film
    de montagnes...
    Et c'est ta voix
    qui sert
    à soigner
    les maladies de peau
    des chiens
    de prairie...
    Et c'est juste
    avant
    que la neige
    actualise
    les saignements
    de nez...
    Et c'est juste
    avant
    qu'assoupi
    sur sa fin
    de race
    le monde renvoie
    les infirmières...

  • Mieux qu'un rêve de savon...

    J'aimerais bien

    me dit-il

    une jolie voiture

    Oui une voiture

    Et sa beauté de crystal

    ses mécaniques

    tendres et tièdes

    comme seule la nuit

    sait l'être

    alors me redonnerait

    la force

    d'écraser tous ces

    sourires cyniques

    d'un méchant coup

    de poing

    Une force aussi

    incalculable

    que la culasse

    de l'enfer

    parce que l'amour

    et ses fréquents

    éclats de rire

    ont remis de la vitesse

    tout au bout

    de mes doigts

    et ça me plait

    cette nouvelle vie

    de vrai-faux pilote

    qui conduit un peu

    trop vite

    parce qu'il n'y croit

    toujours pas...

    Oui j'aimerais bien

    me dit-il

    ce genre de voiture

    Comme une force

    pas facile à prévoir

    Une force bien disposée

    n'empêche

    Je ne sais plus

    comment le dire

    Le monde se rêve

    en tricycle

    Le monde s'en fiche

    de toute façon

    Oui j'aimerais bien

    me dit-il

    une jolie voiture

    avec un moteur

    qui ronfle

    mais pas trop

    avant de s'endormir

    dans les bras d'un garage

    dont le sol scintille

    comme une étoile

    en reflétant les lumières

    des ponts

    Les ponts toujours

    trop loin

    et pour un pas

    de plus

    alors voilà...

    nos ombres glissent

    mieux qu'un rêve de savon...

     

  • Un endroit

    Je connais un endroit

    me dit-elle

    un endroit où les sourires

    peuvent traverser la foule

    un coquelicot à la main...

    Si jamais un jour

    tu me parles

    depuis là-bas

    ta voix enfin va pouvoir

    devenir le vent...

    Si jamais une nuit

    quand tes pieds s'ennuieront

    dans un goût 

    de solitude

    si jamais cette nuit-là

    tu ramasses le souvenir

    de ma main

    alors je t'apprendrai

    tous les bénéfices

    qui naissent de la contrainte

    et du temps...