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Lubies - Page 77

  • Le frère jumeau de la mort

    Et revoilà le printemps...

    Alors de quoi pourrais-je avoir peur?

    Et revoilà le printemps...

    Alors pourquoi je m’inquiéterais ? 

    En début d'après-midi tiens

    j'ai fait les vitres

    Sans doute voulais-je montrer

    et de tout mon cœur

    et de toute la carcasse

    rien qu'en os

    de mes mains de presque vieux

    sans doute voulais-je montrer

    à la fille que j'aime

    comment je pouvais moi aussi

    devenir un garçon  

    pas seulement chiant pas seulement 

    pour peu que ses névroses

    se remettent à mimer

    la transhumance du miel

    quand dos à dos

    deux abeilles plus deux abeilles

    n'arrivent même plus

    à faire quatre

    oui nous y voilà

    sans doute voulais-je montrer

    à la fille que j'aime

    comment je pouvais 

    devenir un garçon

    et pas seulement chiant

    mais presque un être silencieux

    quand il n'a plus rien à dire

    et même quasiment sur le point

    d'être reconnu d'utilité publique...

    Et revoilà le printemps...

    oui enfin le revoilà

    lui et son instinct

    de grand criminel

    Ah oui...le printemps...

    Ah oui...le printemps parfois

    ce frère jumeau de la mort 

    Curieux de se dire

    par les temps qui courent

    dans les intermittences masquées

    du vide qui dépeuple

    nos rues désertes 

    où les pigeons depuis hier

    se laissent pousser la barbe

    curieux de se dire

    qu'il s'échine encore

    le printemps enfin revenu

    oui qu'il s'échine encore

    à conduire sa petite machine

    d'illusions un peu feignasses

    et comme ça levé de bon matin

    et déjà ses promesses debout

    toute la nuit...

     

  • Envoyez les oiseaux...

    Je regarde l'océan

    Tu regardes l'océan

    La ville est aussi morte

    qu'un océan

    après l'amour

    Je t'aime...

    Nous alors

    tout ce qu'on veut

    c'est vivre dans une chanson

    Je t'aime

    envoyez les oiseaux...

    Une chanson tellement mieux qu'ici

    Les vagues ont quitté

    les navires

    J'ai envie de ta bouche

    de tes parfums qui coulent

    de la nuit

    comme une rumeur tiède

    tiède et douce

    Tu regardes l'océan

    Je regarde l'océan

    La ville est aussi morte

    qu'un océan 

    après l'amour

    Je t'aime

    Envoyez les oiseaux...

  • ...

    Je me dis souvent

    aussi souvent

    que mes pas

    se retournent

    sur nos premiers

    souvenirs -

    la trame

    de Nous

    ne se tisse

    plus seulement

    au passé simple

    mais il faut bien

    qu'elle s'enracine

    un peu là

    quand même-

    aussi souvent

    que mes pas

    reviennent

    se poser

    sur les traces

    de nos premiers

    souvenirs...

    Je me dis souvent:

    ta voix

    ça fait

    comme un coup

    de langue

    quand il envoie

    promener

    les humeurs

    d'une vieille bête

    sur l'autre versant

    de la colline

    Oui

    ta voix ça fait

    comme un nouveau

    coup de langue

    après quoi

    des tas d'images

    plus neuves

    peut-être

    ancrées

    je suis au moins

    sûr de ça

    dans les

    variations

    multiples du cœur...

    Je me dis souvent

    aussi souvent

    que je retourne

    m'asseoir

    sur ce tabouret

    de bar

    où toute l'histoire

    a du -

    je sais que je ne sais

    pas

    Et puis...-

    a du débuter

    bien longtemps

    avant Nous...

    Je me dis

    que ta voix

    c'est tout l'inverse

    de toutes celles

    qui s'amusent

    à vous sauter

    à la bouche

    avec des façons

    de poisson

    chat

    avant de retomber

    comme des gifles...