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Lubies - Page 78

  • Les distances...

    Parfois, alors,

    je repense

    à ces époques de ma vie

    quand je guettais, 

    les yeux troublés

    d'impatience,

    ce moment où,

    enfin,

    mes songes pourraient

    vérifier l'existence

    du ciel

    Mais à chaque plaisir,

    aussi grandiose

    qu'un lever de soleil

    sur la campagne,

    à la moindre joie

    aussi tendre sans doute

    que la langue repue

    d'un barbare

    après s'être régalé

    du monde

    jusqu'à sa complète destruction, 

    c'est comme si

    quelqu'un, par là-haut,

    avait oublié

    de tout mettre

    dans ces choses...

    Et puis je pense à Nous

    A toi et à moi.

    Au fait aussi

    que Nous ne peut exister

    ni tous les jours

    ni tout le temps.

    Je pense à tantôt

    lorsque je te regarderai

    partir sur ce quai de gare.

    Je me dirai:

    putain comme déjà

    Elle me manque !

    Et puis, parce que tu m'apprends

    à être sage,

    je me dirai aussi

    que dans ce monde si mal

    bâti,

    il n'y pas de gloire

    plus grande

    que de savoir attendre,

    en calmant ses mains,

    sa bouche et son cœur,

    la fille qu'on aime...

     

  • ...

    Pourtant le feu

    ne fait pas l'ombre

    Ce n'est pas dû

    à la neige

    mais après la pluie

    au soleil

    C'est juste là

    et de grands ciseaux

    découpent

    ces rêves qui naissent

    lorsqu'on aimerait

    adopter

    le genre d'attitude

    qu'on imagine

    plus saine

    au sortir d'une nuit

    tendre

    comme la silhouette

    des amoureux

    qui se détache

    de l'ombre portée

    sur les murs... 

  • Sous la peau de bien des personnages...

    L'Amour d'où qu'on le regarde
    peut se glisser
    sous la peau de bien
    des personnages
    Et tour à tour
    les voici désespéré(e)s
    comme des archers
    qui comprennent
    très tôt
    que leurs flèches
    n'atteindront jamais
    leur cible
    Et pourtant
    Elles et ils s'acharnent
    jusqu'à tomber
    au milieu
    d'un champ ravagé
    par la vermine
    de toutes les sales
    compromissions
    où celle ou celui
    qui aime
    se surprend peu à peu
    à pactiser
    avec l'indifférence
    Quand on aime
    ils arrive que ce soit
    comme ça...
    Elles et Ils se mettront
    mais plus tard
    à maudire le monde
    elles et ils iront promener
    leurs mélancolies
    en s'écorchant
    les pieds les mains
    la bouche
    Se diront des choses
    définitives
    Comme: après tout le sexe
    n'est qu'une mécanique
    C'est tellement plus simple
    pour peu qu'on ait
    affaire
    à des personnes
    efficaces
    qui savent s'effacer
    quand le matin
    reprend
    ses petits acquis
    inaliénables...