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Lubies - Page 179

  • ...

    Sais-tu seulement

    ce que ça fait,

    me dit-elle.

    Sais-tu ce que ça fait,

    seulement,

    de toujours danser seule.

    Après, elle baissait les yeux.

    Oui.

    Elle baissait les yeux.

    Elle baissait la tête

    avant de regagner

    le vestiaire du silence...

    Bien sur,

    moi, je n'avais pas grand chose

    à répondre.

    Bien sur...

    Je me sentais tellement

    timide,

    oui, tellement timide

    au moment d'égoutter

    ma première peine

    de cœur,

    tellement timide que

    j'avais presque envie

    de regretter l'époque

    de notre jeunesse irrégulière.

    Mais je me suis repris

    et voilà...

     
     
     
     
  • C'était un sourire

    Son sourire venait

    de tomber

    entre 

    cet exemplaire des voyages

    de Gulliver

    et

    son petit sac en peau

    de

    crocodile.

    Oh mais oui, 

    c'est 

    à ce moment-là,

    précisément à cette heure

    où le monde

    recommençait à devenir

    anxieux,

    mais oui,

    c'est là que je me suis

    mis en tête

    de le ramasser,

    ce sourire. 

    C'était un sourire

    qui

    avait passé sa vie

    à nettoyer ses lunettes

    avec de la cendre

    de cigarette. 

    Mais oui,

    je voulais le ramasser

    d'un geste rassurant. 

    Et puis le poser sur ses genoux,

    comme ça, 

    sans avoir la moindre idée

    de l'histoire 

    que j'allais lui raconter,

    ensuite.

     

     

  • Sauter le ruisseau une bonne fois pour toutes...

    Dis-moi...

    Que vas-tu faire de ta vie,

    tiens, par exemple, 

    que vas-tu faire de ta vie

    après avoir rendu

    ton déguisement

    de serveur d'opérette...

    Oui, allez, dis-moi...

    tu pourrais,

    oui, ça,

    je t'en sens capable,

    donc

    tu pourrais sauter

    le ruisseau

    une bonne fois pour toutes,

    et puis retourner voir,

    du côté de cette maison

    inhabitable

    que certaines personnes

    sérieuses se risquent

    à appeler...l'enfance...

    tu pourrais retourner

    voir

    si les reflets de la fête

    tanguent sur les murs

    alors qu'une fille,

    juste une fille

    seulement de passage

    roule un grain de raisin

    entre ses doigts...