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Lubies - Page 201

  • Oiseaux de nuit...

    L'été se passa

    comme suit:

    pendant que chacun

    choisissait sa plage,

    on dérogeait 

    avec l'astuce des dilettantes

    au dépôt de gerbe

    en l'honneur

    de ces oiseaux de nuit

    aux ailes lourdes et lentes,

    qu'un infime

    battement de sable

    sur les paupières

    suffirait à dérouter

    en plein vol,

    afin qu'ils se perdent

    dans les neiges éternelles

    de l'oubli

    ou le matériau suspect

    d'un enterrement de vie

    de garçon

    submergé d'alcools sans motif...

     

    (photo Baptiste Jeantet)

     

  • ...

    Les nuages,

    ce matin,

    sont tellement frappés

    par la puissance

    du sujet,

    qu’ils se laissent

    aller au mime,

    mais on ne peut pas

    vraiment dire

    qu'ils sont spécialement

    doués

    pour le mime à la chaîne…

     

    Comment décrire une gueule

    de bois

    qui peine à soutenir

    la conversation

    du fond de sa baignoire...

     

     

    Ce n'est jamais

     

    dans vos projets

     

    de boire

     

    comme on peut boire. 

     

    Je crois

     

    que c'est forcément

     

    lié

     

    à ce truc qui grandit

     

    à la vitesse

     

    d'un désir

     

    qui ne tardera pas 

     

    à se faner 

     

    après que la lumière

     

    se soit obstinée

     

    avec véhémence

     

    à ne pas le reconnaître... 

     

     

    (photo Baptiste Jeantet)

     

  • J'entends ton rire qui dérape...

    Cher oncle...

    Le vent bouscule les nuages...

    Oui,

    mon cher vieux tonton...

    je ne parviens pas,

    non,

    toujours pas,

    à me défaire de cette promesse:

    tant que tu porteras

    des caleçons ornés 

    de motifs à fleurs,

    en hommage à cette fille

    du Nord de l'Angleterre, 

    dont le moindre orgasme

    était une rédemption,

    alors oui,

    je jure de tout mettre

    en oeuvre

    pour venir à bout 

    de ce simulacre

    de poésie narrative

    bien décidée à sauver sa peau

    sitôt qu'un drame survient

    dans toute l'entreprise...

    Oui,

    mon cher vieux tonton,

    te souviens-tu de cette fois,

    quand tu m'as dit:

    "Oh la jeunesse, c'est comme

    la brume, ce matin.

    On dirait qu'elle s'amuse

    à pisser sur l'aile

    des papillons...

    Je crois pouvoir affirmer ceci:

    je suis vraiment vieux depuis

    sept mois,

    et là, c'est pareil,

    je progresse un peu

    chaque jour...

    Mon cher oncle,

    combien de kilomètres,

    selon toi,

    depuis nos premières interrogations,

    lorsqu'on craignait trop

    de mourir d'ennui

    au cœur

    de nos hésitations croissantes

    puisque

    à caresser la peau 

    de l'évidente jeunesse,

    il n'aurait pas fallu

    grand chose

    pour que nos mains

    basculent

    vers cette sorte

    de délinquance juvénile,

    inepte, rurale

    et sans lendemain...

    L'année de mes seize ans,

    la nuit, j'apprenais à danser.

    le jour, je faisais semblant

    de vivre...

    Oui,

    mon cher vieux tonton,

    combien de kilomètres,

    depuis les locations saisonnières

    de l'adolescence

    jusqu'à nos lèvres blanches...

    Ce matin, ils prétendent

    que tout est lié

    au même désir

    qui grandit,

    et j'entends ton rire qui dérape

    dans le rétroviseur

    d'un souvenir...

     

    (Tonton Gilbert. Photo Baptiste Jeantet)