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Lubies - Page 162

  • ...

    Nous sommes tous

    de piètres

    scénaristes,

    tu sais...

    Le silence et le cri.

    Dis-moi un peu...

    Au bord des fleuves,

    chacun cherche

    sa romance.

    L'eau vous vient

    à la bouche

    sitôt que battent

    les ailes

    d'une mouche...

    Un malheur est

    un malheur.

    Dis-moi un peu...

    Les rouges et les blancs.

    Les enjeux, la réponse...

    Ce qu'il peut faire

    froid, tu sais,

    quand le désert,

    en personne,

    s'abreuve

    du sang de la terre...

    Dis-moi un peu...

    Est-il vrai

    qu'on jauge les qualités

    d'un homme,

    une fois

    qu'il n'est plus

    sobre?

    Dis-moi un peu...

    Ce goût pour l'ellipse

    qui privilégie

    l'instant présent,

    c'était déjà

    ça, 

    à ton époque?

    Dis-moi un peu...

    Peut-on

    dresser une liste

    des espèces d'oiseaux

    disparues? 

    Tracer la limite

    entre le désir

    et l'angoisse...

    Nous sommes tous 

    à peu près

    mélancoliques,

    tu sais... 

    Depuis que la peur

    a fini de noircir

    les ombres, 

    c'est notre manière

    d'inventer

    des paysages

    aux dimensions plus

    convenables...

  • Notre viande, aujourd'hui, c'est le lapin...

    L'amour, un matin,

    alors,

    m'as-tu dit:

    ça vient, ça vient

    et puis

    soudain, ça cogne

    contre 

    la coque ébréchée

    de notre cerveau.

    L'histoire se décline

    jusqu'à vouloir

    sortir.

    Paraître au grand

    jour

    avec son petit pitch

    de chaussette

    orpheline...

    Les petites imperfections

    qu'on sentait,

    au début,

    n'ont pas

    réussi

    à créer suffisamment

    d'incertitude.

    Et puis,

    quand même,

    il était

    un peu tôt

    quand tu as bu

    ton premier café.

    L'incertitude c'est la beauté...

    Alors pleure. Pleure.

    Vas-y! 

    Fais-toi violence...

    Essaye encore

    d'être

    un défi permanent

    à l'immobilité

    -notre viande,

    aujourd'hui,

    c'est le lapin-

    pendant que 

    la haute solitude

    assassine le suspens...

  • ...

    Au temps des troubadours,

    me dit-elle,

    crois-tu

    qu'ils remerciaient 

    l'orage

    en flattant

    le museau des vaches? 

    Regarde un peu

    ce serveur

    et ses grands airs

    de sale petite

    gouape Pop. 

    Dans son regard

    c'est comme du feu

    qui craque 

    sur la braise

    et pourtant feu pour feu,

    cendre et sang,

    plus personne

    pour y croire... 

    Sur qu'à cet instant précis,

    il aimerait qu'on pense:

    lui, alors,

    les paradis perdus,

    il en connait un rayon. 

    Mais tu parles. 

    Moi, je sais, j'ai toujours su. 

    Certains nageurs

    n'aiment pas être mouillés. 

    Oui, je sais,

    j'ai toujours su

    que les grandes solitudes

    ne suffisent pas

    à faire

    que les agneaux

    deviennent des lions... 

    Je fais ma salope.

    Trop bu ou

    pas assez.

    J'assume

    ma langue de pute... 

    Regarde comme

    il voudrait parler,

    nous dire

    qu'il est là.

    Cesser de vivre

    dans le dos des gens.

    Un beau jour,

    quelqu'un va rire, rire. 

    Rire aux éclats.

    Depuis longtemps,

    il se sera assis.

    Aura cessé 

    de se convaincre

    qu'il est possible de vivre, 

    vivre toujours

    alors qu'on flotte

    entre l'insouciance

    et la crainte...

    Crois-tu qu'au temps

    de l'amour courtois,

    on s'y prenait

    autrement

    pour s'enterrer

    la peau sous les os...