A voir comment la caméra caressait leurs visages...
Nous étions dans l'attente
qu'un vent nouveau
se lève enfin,
là-bas,
sous les éoliennes.
Un peu trop minutieuse,
l'existence et ses politesses de salon,
je veux dire
pour apporter autre chose
que du provisoire.
Nous avions encore le temps
d'être jeune,
je veux dire
avant de mourir de soif
ou d'être simplement relégués
trop loin,
vers les espaces vides
de la solitude,
comme ceux qui n'arrivent plus
à suivre la cadence.
Il était donc assez logique
que le cinéma jusqu'ici
occupe toute la place.
Les films?
Ceux qui dévastaient
la vie courante.
A voir comment la caméra
caressait leurs visages,
alors, c'était sans doute
la seule façon,
je veux dire de manière non violente,
oui, la seule façon
de repousser les limites géographiques
de nos fantasmes...