Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Lubies - Page 154

  • Les urgences de l'hiver...

    La pluie ne sera plus

    jamais seule.

    Tu m'expliques-

    toujours tes explications

    pour tout-

    que la nuit sera 

    longue. 

    Notre amitié est vaste.

    Aussi vaste qu'une aire

    d'autoroute,

    juste avant un départ

    pour le bord de mer...

    Tu piques une dernière

    cigarette

    dans le paquet d'un vieux

    complice

    que la mélancolie

    préoccupe. 

    "Regarde...même l'argent

    se laisse pousser 

    la barbe."

    Tu dis ça l'air de quelqu'un

    qui en a un peu assez,

    à force, 

    d'être toujours gentil

    avec la mauvaise

    personne. 

    Il y a deux sortes de mélancolie.

    Très différentes par le ton

    et la technique.

    Et nos soifs de bêtes molles

    peinent à faire

    mousser le vieil onirisme 

    de dauphin-

    sais-tu que c'est onirique,

    les dauphins?-,

    quand la crise de la quarantaine

    s'intensifie

    dans les urgences de l'hiver... 

     

  • ...

    Comme un vieux mondain

    au visage froissé,

    je décline surement

    à mesure que le jour

    grandit...

    Le temps passe

    de plus en plus vite.

    Je m'endors dans mes

    costumes

    comme on met la viande

    à rassir.

    Oh bien sur, je continue

    à faire ce que crois utile

    et nécessaire de faire

    pour lutter à balles réelles

    contre cette idée de décomposition

    et de pourriture

    laquelle, depuis toujours,

    mène grand train.

    J'épanche dans la nuit

    les sentiments

    que je ne peux épancher-

    que je n'ai jamais pu épancher-

    dans la vie de tous 

    les jours.

    La vie de tous les jours

    ne sera jamais à mes

    yeux

    qu'un immense zoo factice,

    où tout naît, tout s'agite

    et tout meurt

    sans grand moment

    d'angoisse...

    Et alors, chaque matin,

    depuis

    que j'ai commencé

    à vieillir 

    et c'est venu d'un coup-

    une évidence, ils disent-,

    dans les yeux

    de cette fille égarée,

    comme tant d'autres avant elle-

    comme moi, comme vous, 

    mes sœurs et mes frères 

    inconsolables de la nuit-

    dans la vacance et la cohue,

    cette fille aux narines

    frémissantes

    à qui j'ai voulu expliquer,

    un soir,

    l'histoire du chien rouge

    et de la balançoire,

    oui, chaque matin, alors,

    j'ai beau exposer

    l'emploi du temps des nuits

    à venir,

    c'est comme de vivre

    depuis des années

    dans une ville où plus rien

    n'aurait de significations.

    Comme si j'avais cessé de trouver

    amusant

    la grande enquête 

    sur le cadavre du monde

    et ses usages,

    qu'ils semblent, toutes et tous,

    bien décidés à poursuivre

    jusqu'au bout... 

     

  • Et puis chacun retournera à ce qu'il faisait...

    De quel côté tu t'endors?

    Dis-moi un peu, chaton....

    Est-ce qu'au lieu

    de compter les moutons,

    plutôt le son de ta propre

    voix qui te berce...

    T'as déjà fait l'amour

    sous la pluie?

    Et quelques heures avant,

    alors-alors,

    combien vous étiez encore, 

    sublimes et décomplexés,

    sous le soleil?

    Tu t'es déjà surpris

    à préférer ta première

    peine de cœur-

    il s'agissait d'une

    petite blessure narcissique

    de rien du tout.

    Mais, promis,

    ça restera entre nous-,

    oui, ta première peine 

    de cœur

    à toutes les femmes

    de ta vie,

    quand le silence soudain

    c'est pire que tes chaussettes

    orphelines

    et qu'alors elles se mettent

    en avoir assez

    de te faire de la place

    dans leurs placards?

    Est-ce que nous sommes

    parfois samedi?

    Est-ce que la jungle est

    dans ta tête?

    Ton pauvre cœur solitaire,

    dis-moi un peu, chaton...

    tu vas l'ouvrir

    du cul jusqu'à la bouche...

    Et puis ça se passera

    de commentaires.

    Et puis il y aura ce goût 

    de métal sur les langues.

    Et puis chacun retournera

    à ce qu'il faisait...