Tom Joad...

Deux mille milliards
de déchets en plastique
flottent au milieu
de l'océan.
Et puis après...
Je n’aime pas trop,
d’habitude,
avoir à me débrouiller
avec tes départs.
Ça me rappelle ma jeunesse...
Le soleil me caresse
les joues et je songe
à l'éternité
en lecture sur tes lèvres
qui savent la pente
secrète du langage,
au point que les braves
fils de famille
se sont même mis
à douter
de l’efficience
de leurs services
de contre-espionnage...
J'aimerais apprendre
à pleurer
au milieu de cette grisaille
soporifique.
Alors je pourrais
peut-être
lutter contre
la pollution des eaux
que pourtant rien ne trouble
dans le pire des scénarios
en train de se réaliser.
Alors quoi..
Deux mille milliards
de déchets...
Je sens les envies
du soleil
juste au dessus de ma tête.
Un jour, tu as tenu
à me raconter l'histoire
de ces femmes
brusquement exclues
du paradis
à la suite
d'un arrêté préfectoral,
lampiste d'un engrenage
mortel auquel
tout le monde avait bien
voulu se soustraire.
Était-ce d'ailleurs si étonnant?
Tu m'as raconté comment
on avait ordonné à ces femmes
de laver les trottoirs
avec leurs culottes.
Puis de les remettre,
mouillées.
Je t'ai parlé de Bruce Springsteen.
Du fantôme de Tom Joad.
Tu m'as rétorqué Balzac.
Qu'à côtoyer
les belles âmes
de la bourgeoisie,
ça avait bien failli
te rendre violente...
Deux mille milliards
de déchets en plastique
flottent au milieu
de l'océan.
Et puis après...
Je n’aime pas trop,
d’habitude,
avoir à me débrouiller
avec tes départs.
Ça me rappelle ma jeunesse...
La jeunesse, disais-tu,
c'est comme la Californie.
Toutes et tous
on s'est rué là-dedans
avec l’espoir de tamiser
son petit filon.
Parfois ça brillait
et c'était encore
autre chose…