Silences
Combien de gouttes
de sueur de larmes
de sang président
à la naissance
d'un sourire
aussi timide
soit-il ?
Je te regarde
tes mains s'affairent
sur le balcon
Une passée de gestes
amortie comme
les baisers
qui s'échappent
du souvenir
de quelque arbre creux
Je te regarde
Tu rempotes
tes fleurs
Des pétunias
des marguerites
des heliopsis
Mes regards froissent
les pages d'un journal
sportif
J'ai beau feindre
l'indifférence
des chats
ce matin
il n'y a pas
plus belle façon
de vivre nos silences