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Filer droit

C'est toujours le lundi

que ça se passe

et je marche

en laissant dans mon dos

les hauteurs de craie

de la butte Montmartre

N'empêche

Il suffit que je me retourne

comme un enfant

qui déjà regrette

sa pulsion de fugue

que je me retourne à peine

quelques secondes sur

les premiers contreforts

de cette colline urbaine

de pacotille

pour qu'enfin la plaine

peu à peu m'apparaisse

et bientôt son atmosphère

ses parfums sa lumière

son clair-obscur

ses ombres

C'est toujours le lundi

que m'apparaissent

ces enfants et ces femmes

des visages de suie et de sueurs

des mains et des bras

qui fouillent les poubelles

triturent dans le passé

honteux de la ville

avec des façons d'automate

C'est toujours sous les regards

torves indfférents

de la foule

venue s'assommer

une dernière fois

sous le soleil des terrasses

les doigts repoussant

les fantômes de l'été

à la lisière

de leurs empreintes

digitales

C'est toujours début septembre

Le passé est encore

un endroit dangereux

Avant que l'automne

recommence à filer droit

il faudrait qu'il pense

à ne rien oublier derrière

Commentaires

  • La pulsion de fugue d'un été à bout de souffle ramène souvent celui-ci à ses fantômes.
    Et c'est là que l'automne se marre! Mais pas longtemps....

    Gracias!

  • Et que l'eau tonne pas trop fort
    et file droit dans les rigoles

  • Et que l'eau tonne pas trop fort
    et file droit dans les rigoles

  • Passage Florimont chez Brassens?

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