Refuge

Les sardines brillent
comme une carte postale
Je prête une oreille
tout à fait indifférente
au cliquetis méticuleux
des mâts que la houle
agite et nous sommes
face à face un café
une carafe d'eau fraîche
devant le rail d'Ouessant
J'imagine sur la lande
le lapin d'Alice
Un vélo passe
il court sur son passage
l'escorte pour rester
raccord avec son rôle
de spectacle vivant
à lui tout seul
Tes lèvres s'échouent
en cale sèche
sur le rebord de nos migraines
qui peinent ce jeudi matin
à se tenir en équilibre
Et c'est là juste avant
le souvenir de ce square
où me disais-tu hier soir
qu'un peu trop bu
qu'un peu trop de clopes
Qu'un peu trop de tout
et pas assez d'autre chose
ce square cet après-midi là
quand tu le voulais
vraiment ce garçon
ce square quand
tu as donc fini par
oser tes lèvres
vers les siennes
Ce square quand tu as
remarqué à quel point
ses lèvres à lui et aussi
sa bouche de seize ans
grand trop maigre
et brun à couper le souffle
temblaient comme un caniche
devant un refuge
Commentaires
Juste la bonne huile pour sortir de ses gonds...